« Naviguer à cinq nous permet d’obtenir de nombreuses et précieuses données »

Pachi Rivero en Barcelona, durante la Istanbul Europa Race

Pachi Rivero à Barcelone.

estrella Damm Sailing Team
20/09/09


À Barcelone, à la fin de la deuxième étape de l’Istanbul Europa Race, nous avons interviewé Pachi Rivero sur la préparation d’Estrella Damm et sur l’intérêt de la navigation à cinq à bord d’un IMOCA

L’Istanbul Europa Race est une régate dans laquelle les IMOCA Open 60 naviguent en équipage de cinq, une configuration peu commune pour ces bateaux conçus pour la navigation en solitaire ou en double, mais qui permet d’obtenir quelques observations techniques intéressantes. De fait, selon les déclarations de quelques navigants, l’un des attraits de cette régate est de pouvoir tester les bateaux qui vont participer aux prochaines Transat Jacques Vabre, Route du Rhum ou Barcelona World Race.

Dans l’Istanbul Europa Race, Estrella Damm est mené par Guillermo Altadill (ES), Pachi Rivero (ES), Antonio Cuervas-Mons (ES), Antoine Mermod et Wouter Verbraak (NL). Après avoir brillamment remporté la première étape à Nice et avoir terminé troisième dans la deuxième étape de Nice à Barcelone, Estrella Damm se trouve à égalité de points avec Groupe Bel (Kito de Pavant), et Foncia (du professeur Michel Desjoyeaux). Le bateau avec lequel Guillermo et Pachi participeront à la Barcelona World Race 2010/11 a démontré que son processus de mise au point était en très bonne voie.

A Barcelone, nous avons eu l’occasion de discuter avec Pachi sur ce que cela représente de naviguer sur un IMOCA Open 60 avec un équipage de cinq personnes et des conclusions qui pouvaient en découler.

 

Quel regard portes-tu sur le programme de préparation que vous avez suivi jusqu’à maintenant ?

Nous avons passé beaucoup d’heures à travailler sur la préparation du bateau, beaucoup d’heures à naviguer, et pendant les deux premières étapes nous avons pu constater que nous étions sur la bonne voie côté préparation. Le bateau marche très bien et nous continuons à améliorer sa mise au point.

 

D’un point de vue technique : Qu’est-ce que ça apporte de naviguer à cinq sur un IMOCA Open 60 ?

Pour commencer, tu vas plus vite. On dit que dans une régate en solitaire comme le Vendée Globe, ces bateaux sont menés à 70% de leur potentiel ; dans la Barcelona World Race, en double à 85% et dans une régate comme celle-ci, à cinq, nous poussons à 100%.
Mais d’un point de vue extérieur, là où ça fait la différence, c’est dans les manœuvres.

 

Dans lesquelles principalement ?

Dans les changements de voiles. A cinq, il y a plus de bras ! Mais il y a surtout une répartition plus équilibrée des postes de travail de l’avant à l’arrière du bateau. De plus, en toute logique, tu te fatigues moins quand tu règles les voiles.

 

Vous en tirez des conclusions techniques importantes ?

De nombreuses et très précises. En ayant la possibilité de pousser le bateau au maximum, nous récoltons des données empiriques que nous ne pourrions pas obtenir autrement. Sur les configurations de voiles, le remplissage des ballasts, les angles d’inclinaison de la quille, etc. C’est réellement productif pour le futur et sur la prochaine étape nous en collecterons d’autres, de plus en plus importantes.

 

Quand ces bateaux sont menés à fond, il semble pour le moment que les différences de conception ont un impact minime sur la vitesse, du moins avec le peu de vent que vous avez eu. Tu le vois comment ?

Notre bateau, Foncia et Paprec-Virbac 2 ont pratiquement les mêmes performances. Et nous nous rendons compte que les différences en effet sont parfois insignifiantes. La botte secrète, c’est le navigateur. Desjoyeaux est réputé pour prendre le départ des régates avec un bateau parfaitement au point. Je crois qu’il les gagne à cause de cette constance dans son parcours, et c’est ce que nous sommes en train de faire : affiner, affiner au maximum pour qu’au moment du départ de la Barcelona World Race, il n’y ait plus de rien à faire sur le bateau.

 

Santi Serrat

imgfons