Une série de changements s’opèrent dans le monde de la course au large depuis plusieurs mois, qui auront à n’en pas douter une influence significative sur l’avenir du sport. D’abord l’annonce du Championnat du Monde IMOCA Globe Series, mais aussi l’accord entre la Classe IMOCA et la Volvo Ocean Race qui devra permettre à toutes les courses autour du monde en monocoques d’être courues sur le même support.

Il y a quelques semaines, le nouveau championnat du monde de la classe IMOCA, Les IMOCA Globe Series, connu jusqu’à présent sous le nom IMOCA Ocean Masters, a été présenté à Monaco à l’occasion du départ de la nouvelle course du circuit, la Monaco Globe Series. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de nom ; le Conseil d’Administration de la Classe a réalisé une profonde refonte stratégique de son circuit de courses.

Ce premier cycle inclut six courses entre 2018 et 2021, et pourra compter également une épreuve additionnelle au printemps 2019. Malheureusement, la Barcelona World Race, dont le départ devait être donné en janvier 2019, et suspendue il y a quelques mois, ne fera donc pas partie de ce premier cycle. Le Vendée Globe 2020-2021 marquera l’épilogue du championnat, où sera décerné le titre de Champion du Monde et vainqueur des IMOCA Globe Series 2018-2021.

Sont au programme des IMOCA Globe Series : la Monaco Globe Series, la Route du Rhum, une course au printemps 2019 (à confirmer), la Transat Jacques Vabre, The Transat, la New York-Vendée et enfin le Vendée Globe.

La voix de la FNOB entendue

Cette nouvelle approche du Championnat résulte des constats et idées exprimés il y a quelques temps au sein de l’Assemblée Générale et du Conseil d’Administration, à savoir l’importance d’inclure les organisateurs d’épreuves dans la procédure de prise de décisions de la Classe. Cette idée, défendue par OSM et la FNOB en 2016, reflète la nécessité pour les organisateurs de courses, qui réalisent des investissements significatifs et prennent des engagements forts envers les institutions, d’être entendus sur les points qui concernent l’établissement du calendrier et la gestion de la stratégie de communication de la Classe. Lors de ces réunions, la décision a été prise de mettre en place un comité de pilotage intégrant les organisateurs et permettant une intervention au niveau de la gestion de la Classe.

Les deux courses autour du monde de la Classe IMOCA à l’heure actuelle, qui sont également parmi les plus exigeantes pour les équipes comme pour les organisateurs, sont menées par des institutions publiques : la SAEM Vendée, qui organise le Vendée Globe tous les quatre ans, et la Fundació Navegació Oceànica Barcelona, qui organise la Barcelona World Race en alternance avec le tour du monde français. Dans les deux cas, les objectifs déclarés de développement et renfort du territoire coïncident, tant dans le cadre de la promotion du sport et des aspects touristiques qui y sont liés qu’en termes de dynamisation du secteur nautique, hautement stratégique pour les deux entités. Le fait que ces deux courses majeures impliquent très largement les institutions publiques a permis de faciliter une série de réunions bilatérales résultant l’établissement d’une stratégie et des lignes directrices communes.    

La FNOB a également fait part au Conseil d’Administration de la nécessité pressante de développer le profil international de la Classe, dont le marché et public cible sont majoritairement français, et ainsi permettre d’accroître le potentiel des partenaires commerciaux et intérêts médiatiques étrangers. Depuis de nombreuses années, la Barcelona World Race reste l’unique course exclusive IMOCA réalisée hors du territoire français, ce qui explique l’importance de cette question pour l’organisateur catalan. Ce besoin accru d’internationalisation a également motivé la décision de la FNOB d’intégrer une escale à Sydney pour la nouvelle édition de la Barcelona World Race.

En 2017, le Conseil d’Administration IMOCA a réuni les organisateurs à la table des négociations à Barcelone (la SAEM Vendée, ORIGIN Sports Group, l’Association Transat Jacques Vabre, OC Sport et la FNOB), et sous la direction de son Président, Antoine Mermod, entamé la définition des IMOCA Globe Series.

Xosé-Carlos Fernandez, Directeur Général de la FNOB, commente sur cette période de transition :

« Ces dernières années, la FNOB a eu l’opportunité de prendre part aux décisions de la Classe IMOCA, offrant une vision moins franco-française et orientée vers plus d’attractivité commerciale au niveau international. Ainsi, les entretiens réguliers avec la SAEM Vendée, avec qui nous partageons une position identique en qualité d’institution publique, et l’équipe de direction de la Classe IMOCA, dans le but de mettre en commun et coordonner nos objectifs et besoins respectifs, ont été fondamentaux pour obtenir un consensus sur la proposition des IMOCA Globe Series. »

Le Vendée Globe est aujourd’hui la course de référence de la Classe, l’Everest de la course au large. Il ne fait aucun doute qu’un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance est le graal pour tout navigateur professionnel. Reste que pour réunir les conditions permettant d’atteindre cet objectif, la route est longue pour ces marins. Se qualifier pour cette épreuve signifie participer à de nombreuses courses en amont, certaines plus ou moins accessibles d’un point de vue économique ou sportif.

« Le Vendée Globe est une course légendaire, qui a prouvé sa réussite une fois encore lors de la dernière édition. Néanmoins, il est essentiel de proposer aux skippers entre chaque édition un certain nombre d’épreuves du niveau des Globe Series, reconnues par le public et par les sponsors, et permettant aux athlètes de se préparer et de se qualifier pour l’édition suivante », a commenté Yves Auvinet, Président de la SAEM Vendée.

Les IMOCA Globe Series sont composées d’une série de courses rassemblées au sein d’un championnat, permettant de qualifier et présélectionner les concurrents qui prendront part à l’épreuve ultime, le Vendée Globe.

Ce nouveau championnat a pour objectif d’établir le lien entre les courses intéressantes et attractives et d’encourager les navigateurs à participer à d’avantage d’épreuves, comme l’explique Antoine Mermod, Président de la Classe IMOCA.

« Il s’agit pour nous de valoriser notre calendrier de courses autour de notre épreuve de référence, le Vendée Globe. Il ne fait aucun doute que les skippers et leurs partenaires pourront mieux rentabiliser leurs investissements. C’est une garantie de courses de haut niveau, pour les équipes, les médias et le public. »

À date, la SAEM Vendée, la FNOB et OC Sport sont les trois entités ayant participé à la conception de ce nouveau format de championnat, mais soyons certains que d’autres organisateurs vont petit à petit rejoindre cette initiative particulièrement intéressante.

La Volvo Ocean Race en IMOCA

L’autre annonce très attendue c'est l’accord entre la Classe IMOCA et la Volvo Ocean Race. Les rumeurs ont commencé dès l’annonce du tour du monde en équipage et par étapes de changer de support. Les spéculations affirmaient la possible intégration de multicoques ou d’un monocoque sur une base d’IMOCA60.

La FNOB a rencontré des armateurs des deux catégories de voiliers, et naturellement, l’approche est apparue très intéressante tant au niveau sportif que de la rentabilité des investissements. La possibilité d’unifier les supports monocoques sur lesquels sont courues leurs tours du monde permet également de multiplier les efforts de développement de la catégorie retenue. La Classe représenterait, d’un point de vue de retour sur investissement, un véritable exemple de rentabilité et ainsi faciliterait l’intégration de nouveaux partenaires commerciaux. D’un point de vue sportif, c’est également une porte ouverte à de nouveaux navigateurs issus d’autres supports. Avec cinq nouveaux IMOCA60 actuellement en conception ou en construction pour le prochain Vendée Globe, l'accord avec la Volvo Ocean Race devrait encore renforcer la réalisation de nouveaux projets, favoriser la venue de nouvelles équipes et fournisseurs, et dynamiser dans le même temps le marché des bateaux d’occasion. Il s’agirait, à n’en pas douter, d’un véritable renfort pour la Classe IMOCA et un tournant pour l’avenir de la course au large.

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