Exténuant pot-au-noir

Joel Miró

Joel Miró naviguant

GAES SOLIDARIA /TRANSAT 6,50
15/10/09


Le pot-au-noir se montre fidèle à sa tradition : orages, calmes et changements de direction soudains contraignent les skippers à des manoeuvres permanentes et épuisantes. Tous les Espagnols de l'équipe Mini GAES Solidaire continuent à réduire leur distance au leader. Avec 78 milles, Joel Miró a réalisé la plus belle remontée. La flotte se concentre de plus en plus dans un entonnoir, en attendant de toucher enfin les alizés de sud-est.

L'effet accordéon, qui dure déjà depuis plus de deux jours, regroupe toujours plus la flotte de la Transat 6.50 Charente-Maritime/Bahia. À mesure que les navigateurs pénètrent dans le pot-au-noir (la zone de convergence intertropicale), ils subissent les caprices de son climat singulier, qui cette année est à la hauteur de sa réputation. Un coup d'oeil aux vitesses mesurées entre deux pointages permet de les voir varier entre 0,9 et 6 noeuds, pour les bateaux qui se trouvent actuellement dans la zone que la langue française dénomme avec raison le pot-au-noir.

De la dureté du pot-au-noir à l'espoir des alizés

Ce passage est l'une des épreuves les plus dures de la populaire Mini-Transat : des orages soudains provoquent des rafales à plus de 20 noeuds qui obligent les skippers à changer rapidement de spinnaker; en quelques minutes, des grains rafraîchissants laissent place à des calmes exaspérants qui font monter la température dans le cockpit jusqu'à rendre l'atmosphère asphyxiante (rappelons que nous sommes à peine 25 jours après l'équinoxe et que le soleil rayonne verticalement sur l'équateur); le vent varie en direction et demande de constamment régler les voiles, réglage qu'il faudra vite modifier en raison d'une décision tactique, etc. Les solitaires, qui disposent uniquement des bulletins météo de l'organisation émis par radio, doivent naviguer sans électronique à bord. Ils frôlent donc leurs limites physiques et mentales et ressentent le désir presque obsédant d'arriver à la porte des alizés de sud-est.

Mais pour l'instant, ces alizés tant désirés se font attendre. Ce ne sera pas avant demain, avec le décalage vers l'est de l'anticyclone de Saint-Hélène, que les premiers pourront toucher la brise de sud-est. Cette nuit et pendant toute la journée d'hier, le leader Thomas Ruyant a vu poindre une nouvelle menace à 7 milles derrière son tableau arrière, en la personne de l'excellent Matt Trautman. Thomas navigue donc bien décidé vers le sud et va trouver devant son étrave une zone théoriquement peu ventée qui devrait disparaître demain avec le décalage de l'anticyclone. Quoi qu'il arrive, sa première place ne semble pas sérieusement menacée puisque presque tous ses poursuivants immédiats - mis à part Rémi Aubrun qui évolue 100 milles plus à l'ouest - suivent actuellement son sillage et entrent dans ce même entonnoir.

Tous les Espagnols continuent à gagner des mill
es

Parmi ces poursuivants, on trouve les six Espagnols qui ont continué à bénéficier de l'effet accordéon. Ils ont encore gagné des milles hier après-midi et cette nuit. Anna Corbella, la mieux classée de l'équipe avec une 16ème place dans la catégorie prototypes, poursuit son excellente progression et a réduit sa distance à la tête de la flotte de 23 milles. Elle se trouve actuellement à 64 milles du leader. 17,5 milles derrière elle se trouve Juan Carlos Sanchis, qui a gagné 52,25 milles, et Gerard Marín, qui est remonté de 58,7 milles (toutes ces données correspondent au classement de 7 heures ce matin, heure française). Avec 60 milles, c'est Toni Weijl qui a grignoté le plus de distance par rapport au leader des prototypes.

Dans la catégorie série, Hugo Ramon a réduit sa distance au leader de 60 milles. Il pointait en effet à moins de 54 milles d'un Charlie Dalin toujours solide. Le Majorquin a suivi une tactique semblable à celle de Rémi Aubrun (qui a navigué le plus à l'ouest des bateaux de série et de toute la flotte). Des six Espagnols, c'est Joel Miró qui le plus réduit sa distance au leader.  Placé plus en retrait, le ministe catalan n’a récupéré rien de moins que 78,62 milles en 24 heures pour revenir au contact du peloton.
 
Classements à 05:00 GMT.
Catégorie prototypes :   
                                                 

1.    Ruyant, Thomas / Faber France (FRA), à 1.337,7 milles de l'arrivée.
2.    Delesne, Bertrand / Entreprendre Durablement (FRA), à 7,63 milles du leader.
3.    Matt Trautman / Mini Mac (Afrique du Sud) à 8,22 milles du leader.
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16.  Corbella, Anna / Gaes Solidaire (ESP), à 64,59 milles du leader.
17.  Sanchis, Juan Carlos / Somni – Gaes Solidaire (ESP), à 82,12 milles du leader.
18.  Marin, Gérard / Gaes Solidaire (ESP), à 86,75 milles du leader.
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21.  Weijl, Toni / Gaes Solidaire (ESP), à 97,64 milles du leader.
Sur 33 bateaux en lice dans cette catégorie.
 
Catégorie série :

1.    Dalin, Charlie / Cherche Spansor- charliedalin.com (FRA), à 1.393,33 milles de l'arrivée.
2.  Apolloni, Ricardo / Ma Vie pour Mapei (FRA), à 3,24 milles du leader.
3.   Lobato, Francisco / Roff Tmn (ITA), à 4,69 milles du leader.
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17. Ramon, Hugo / Nassau – Gaes Solidaire (ESP), à 53,85 milles du leader.

33. Miró, Joel / Gaes Solidaire (ESP), à 172,93 milles du leader.
Sur 47 bateaux en lice dans cette catégorie

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