
Départ de la deuxième étape de la Istanbul Europa Race
© Santi Serrat/FNOB
Avec la dernière Istanbul Europa Race, l'actuelle Mini-Transat et la prochaine Transat Jacques Vabre en novembre, ce trimestre est riche en courses au large. La voile espagnole connaît un développement qui n'a jamais été aussi prometteur dans ce domaine.
Au moment où nous écrivons ces lignes, les solitaires de la Transat 6.50 Charente-Maritime Bahia - l'appellation officielle de la course que l'on appelle communément Mini-Transat - se trouvent à Funchal, en pleine préparation du départ de la deuxième étape, samedi 3 octobre. D'autre part, voilà une semaine que s'est terminée l'Istanbul Europa Race, la course de 60 pieds IMOCA qui a relié Istanbul à Brest en trois étapes, avec des escales à Nice et Barcelone. Alors que les 60 pieds arrivaient à Barcelone, les skippers de la classe mini se préparaient à appareiller de La Rochelle pour se lancer dans une des régates les plus fascinantes aux yeux de tout amoureux de la navigation en solitaire. Quand, le 14 septembre dernier, les IMOCA sont partis de Barcelone pour disputer la dernière étape de l'Istanbul Europa Race à destination de Brest, les ministes se trouvaient déjà en plein Golfe de Gascogne. Un vent fort de secteur nord leur permettait de surfer sur les vagues, des conditions idéales pour tirer le maximum du potentiel de leurs embarcations. Les Mini sont de véritables machines conçues pour la navigation hauturière qui, malgré leur longueur d'à peine 6,50m, ne connaissent pas d'autres limites que celles imposées par la prudence de leurs skippers ou les organisateurs des régates.
Le 18 septembre, tous ceux qui suivaient les deux courses ont pu être témoins d'un fait particulier et difficilement reproduisible : les deux flottes venaient de se croiser au large du Portugal : les 60 pieds longeaient la côte pendant que la plupart des minis croisaient à plus de 150 milles à l'ouest. Ce moment a été mémorable pour tous ceux qui suivent l'actualité de la course au large. Cap sur Madère, les minis étaient alors sur le point de mettre un terme à une belle première étape, très rapide sur les deux premiers tiers de son parcours. Pendant ce temps, les IMOCA louvoyaient vers le cap Finisterre, poussant leurs machines à 100 % de leur rendement. C'est grâce à une configuration peu courante sur ces bateaux prévus pour le solitaire qu'ils ont pu afficher de telles performances : un équipage de cinq personnes.
L'Istanbul Europa Race nous a aussi montré que le processus de préparation d'Estrella Damm est en bonne voie. Guillermo et Pachi, qui naviguaient pour l'occasion avec Antonio Cuervas, Antoine Mermod et Wouter Verbraak, sont arrivés troisièmes à Barcelone après une belle victoire sur la première étape à Nice. Pendant la course, ils ont partagé la première place au classement général avec le professeur Desjoyeaux et Groupe Bel de Kito de Pavant. Toutefois, pendant la troisième étape, une avarie sur le chariot de grand-voile au niveau du premier ris a causé une perte de vitesse pour le bateau espagnol. Mais finalement, la troisième place est un excellent résultat que les deux co-skippers espèrent égaler dans la Transat Jacques Vabre. Cette traversée de l'Atlantique en double va être le grand prélude à la Barcelona World Race pour Guillermo et Pachi.
L'Istanbul Europa Race a également servi de laboratoire de test pour un autre grand projet de la voile océanique espagnole. C'est sur Paprec-Virbac 2 de Jean-Pierre Dick qu'Alex Pella et Pepe Ribes ont disputé la course. Cette régate s'inscrit pour eux dans un processus d'entraînement bien planifié en vue de leur participation à la Barcelona World Race 2010/11. Alex et Pepe ont eu la chance de pouvoir parcourir 2000 milles sur le bateau vainqueur du premier tour du monde en double. Leur participation à la Transat Jacques Vabre se fera sous les couleurs de leur nouveau sponsor, W Hotels. Estrella Damm et W Hotels, deux bateaux qui vont traverser l'Atlantique en double : voilà un autre événement marquant de la voile espagnole qui nous promet un mois de novembre passionnant.
Et il ne manquera pas de l'être puisque pendant presque tout ce mois d'octobre, nous aurons également suivi la deuxième étape de la Mini-Transat. Rappelons que les six Espagnols de l'équipe GAES Solidaire ont effectué une première étape remarquable. Juan Carlos Sanchis et Anna Corbella se trouvent tous deux dans le top 10 de la catégorie prototypes. Quant aux autres skippers de l'équipe, ils ont disputé une régate mémorable. Gerard Marín et Toni Weijl courent dans la catégorie protos et Hugo Ramón et Joel Miró naviguent sur des bateaux de série (voir nos articles à ce sujet). Une grande équipe qui crée une base solide pour le futur. C'est en Mini que beaucoup de grandes pointures du 60 pieds ont fait leurs premières armes. En Espagne, nous avons eu le cas d'Albert Bargués et actuellement d'Alex Pella. Les perspectives sont aujourd'hui, plus que jamais, prometteuses.
Santi Serrat
sserrat@fnob.org
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