
Pachi Rivero
©1876/ FNOB
Poussés par les alizés, Safran et Groupe Bel sont entrés ce matin en mer des Caraïbes, entamant le dernier acte de la course. Si les prochaines 24 heures seront sans surprise pour W Hotels, elles s'avéreront en revanche décisives pour 1876.
Le passage de l'arc antillais se décidera en fonction de la stratégie choisie par chaque bateau la semaine dernière. Marc Guillemot et Charles Caudrelier ont été les premiers à atteindre la mer des Caraïbes. Les deux équipiers de Safran ont choisi le passage entre les îles de Marie-Galante et la Dominique, une route également sélectionnée par Groupe Bel (Kito De Pavant - François Gabart). Mike Golding et Bubi Sansó vont certainement emprunter le même passage cet après-midi.
L'option prise par Foncia (Michel Desjoyeaux - Jérémie Beyou) n'apparaît pas encore clairement. Actuellement en quatrième position, il est possible que le double vainqueur du Vendée Globe décide de passer plus au sud que le trio de tête. Il se trouve en effet en dessous des 15° de latitude Nord, et l'alizé soutenu prévu pour les prochaines 48 heures ne devrait pas l'encourager à changer de cap. Le peloton aux trousses de Foncia franchira vraisemblablement les Antilles dans ces mêmes conditions ; il s'agit de Veolia Environnement, Aviva et W Hotels d'Alex Pella et Pepe Ribes. Pour ces quatre bateaux, aucun coup tactique à jouer ne se profile à l'horizon d'ici l'entrée en mer des Caraïbes. En attendant, les skippers vont devoir œuvrer pour tirer le maximum de vitesse de leur bateau tout en réfléchissant à leur route à travers l'archipel. Avec un alizé plus fort au sud, ils vont probablement descendre encore en latitude et envisager le passage autour des îles de Sainte-Lucie.
Ce dilemme n'épargnera pas les deux navigateurs de 1876, Pachi Rivero et Yves Parlier. Le choix de la bonne option s'avère d'ailleurs encore plus problématique pour le bateau espagnol. Celui-ci occupe actuellement une très belle cinquième place, selon un calcul orthodromique considérant qu'il peut traverser les Antilles par n'importe quel passage situé à l'est de la République dominicaine. Toutefois, ses chances de rencontrer les alizés stables dont bénéficient les autres IMOCA sont plus faibles, car le bateau rouge a devant lui une zone de calme qui pourra lui faire un tort considérable ces prochaines 24 heures.
Cela dit, même s'il semble que l'alizé restera stable en dessous de la latitude 20° N, la donne peut changer considérablement une fois en mer des Caraïbes.
Sur les 1.000 derniers milles jusqu'à Puerto Limón, les vents peuvent être très variables, surtout à l'approche de la côte corstaricienne où l'influence de l'océan Pacifique se fait souvent ressentir.
La Transat Jacques Vabre entame son dernier acte, comme toujours le plus intéressant pour les “joueurs d'échecs”.