Anna Corbella atteint la quatorzième position au terme d’une course très tactique marquée par de petites brises.
Le Mini Pavois est une course rude dont le parcours traverse à deux reprises le difficile golfe de Gascogne. L’édition 2009 était composée de deux étapes : la première, de 300 milles nautiques, reliait directement La Rochelle à Gijón ; la seconde, de 430 milles, allait de Gijón à La Rochelle, en passant auparavant par Lesconil, Basse Pérennès (au NO de l’archipel des Glénan), La Jument (au SO de l’archipel des Glénan), les Birvideaux (phare situé entre l’île de Groix et Belle-Île) et la bouée PA à l’entrée de Pertuis d’Antioche pour rejoindre finalement la bouée des Minimes devant La Rochelle. Au total, ce parcours comptait donc 730 milles nautiques très compliquées du point de vue tactique. La course s’est déroulée dans des faibles conditions de vent, fait quasiment exceptionnel pour la saison dans le golfe de Gascogne.
Après avoir assuré sa participation lors de la dernière édition de la Pornichet Sélect, Anna Corbella prenait le départ de cette course pour compléter le minutieux programme d’entraînement en vue de la prochaine Mini-Transat. Fidèle à sa réputation, le Mini Pavois, l’une des grandes régates de la côte atlantique française, réunissait un cercle très sélect de skippers qui bouclaient eux aussi leur programme de préparation en vue de la grande classique de la classe Mini : Thomas Ruyant, qui, dès le départ, était celui qui aspirait le plus au titre de vainqueur dans la catégorie des prototypes suite à ses deux victoires lors de la Mini Barcelona et de la Pornichet Sélect ; Bertrand Delesne, qui venait juste de remporter le Gran Premio d’Italia, et Rémi Aubrun, qui s’était hissé à la troisième place lors de la dernière Mini Barcelona.
Le mercredi 6 mai à 14 heures, le départ est donné au port de La Rochelle. La première étape démarre sous une petite brise ; dans les premières heures, Anna en profite pour tirer le maximum des qualités techniques de son bateau, Ulisses, conçu par Ricard Teixidó, qui a toujours fait preuve d’une très grande vitesse dans des faibles conditions de vent. Dans les premières heures, Anna navigue en tête de flotte mais pendant la nuit, son bateau subit une grosse perte de vitesse inattendue que la navigatrice catalane ne s’explique toujours pas : « Pendant la première nuit, le vent est monté jusqu’à 15-18 noeuds. Il a dû se passer quelque chose vu que j’allais 1 noeud moins vite que les autres... J’avais l’impression que le bateau allait très vite alors que je me faisais dépasser. C’était assez frustrant, vu que je n’ai pas pu rattraper mon retard avant la deuxième nuit. Une des explications possibles, c’est que quelque chose a dû se prendre dans la quille. »
Malgre tout, à Gijón, Anna franchit la ligne d’arrivée en quatorzième position, devant 12 autres bateaux. Les vents faibles ont continué tout au long de la seconde étape, dont le coup d’envoi a été donné à Gijón le lundi 11 mai. Le calme de la météo a rendu le parcours très dur psychologiquement et c’est pour cette raison que les organisateurs ont décidé de raccourcir l’itinéraire et de fixer la ligne d’arrivée entre Belle Île et l’île de Groix. Anna, profitant de ces conditions favorables pour son bateau, s’est longtemps maintenue en huitième position. Mais à environ 8 milles de l’arrivée, lors d’un empannage, son spi s’emmêle et la skipper catalane perd ainsi 5 places. Elle franchit finalement la ligne d’arrivée en seizième position et termine à la quatorzième place au classement général.
Dans la catégorie des prototypes, la course a été remportée par Thomas Ruyant, sensationnel lors de la deuxième étape, ce qui lui a permis de rattraper son retard suite à la première étape où il avait fini en cinquième position. Concernant les bateaux de série, le Français Davy Beaudart a effectué une magnifique première étape qui lui a permis de compenser sa troisième place lors de la deuxième étape et de remporter la victoire au classement général.
Pour Anna, la prochaine étape sera la fameuse Mini Fastnet où elle profitera de l’occasion pour étrenner un nouveau mât. Le départ de la course aura lieu à Douarnenez. Les skippers devront laisser l’île d’Ouessant à bâbord puis se diriger vers la pointe Lizard, où ils devront laisser Wolf Rock à bâbord. Ensuite, ils devront traverser la mer d’Irlande pour virer le fameux îlot Fastnet et revenir à Douarnenez. Au total, une course de 600 milles nautiques qui aura lieu du 13 au 20 juin.