
L'Equipo Mini GAES Solidaria.
© Anton Garrote / FNOB
Le projet GAES Solidaire atteint son premier objectif. Les six solitaires espagnols terminent tous la course la plus difficile de la classe Mini.
Les six membres de l'équipe Mini GAES Solidaire ont passé les dernières heures à se reposer après le marathon de 4500 milles réelles qu'ils ont couru. La Transat 6,50 Charente-Maritime / Bahia, communément appelée Mini-Transat, est la course phare de la classe Mini mais aussi une des courses au large les plus éprouvantes qui existent.
Pendant ces 24 à 26 jours de mer, les marins sont revenus à la pratique de la navigation hauturière traditionnelle : pas d'appareil électronique de positionnement, usage de cartes en papier, et les seuls bulletins météo à leur disposition sont ceux émis par radio. Les concurrents ne connaissent pas leur position au sein de la flotte, sauf lorsque l'organisation les en informe par radio. Il n'est donc pas étonnant que la classe Mini et la Mini-Transat soient l'école des meilleurs skippers, ceux qui accèdent par la suite aux classes plus importantes.
La phrase célèbre “l'important est d'arriver au bout ” revêt une signification toute particulière sur la Mini-Transat. Dans cette course où tout peut arriver, les solitaires doivent régler les problèmes techniques du bord par leurs propres moyens et supporter - à l'intérieur de l'habitacle minuscule d'un bateau qui mesure à peine 6,50 m de long - tous les types de conditions météorologiques
Le parcours des six Espagnols nous donne une bonne idée de ce qu’il en coute de surmonter une série d'incidents divers et variés et de parvenir à finir la course.
Cette course s'est déroulée dans les conditions habituelles d'une Mini-Transat. Pendant la première étape, entre La Rochelle et Funchal (Madère), les concurrents ont rencontré des vents forts jusqu'au Portugal puis des brises plus faibles à l'approche de la ligne d'arrivée. La deuxième étape a démarré par un vent de sud-ouest très insidieux, qui a retardé l'entrée dans les alizés de nord-est.
Les passages des Canaries et du Cap-Vert ont été tactiquement difficiles à négocier, tout comme le pot-au-noir. Cette zone de convergence intertropicale s'est montrée spécialement active avec des grains aussi violents que soudains et des vents très instables en direction.
La dernière partie de la course, avec les alizés de sud-est puis les vents portants de l'anticyclone de Saint-Hélène, s'est caractérisée par des vitesses élevées dans un couloir étroit jusqu'à Salvador de Bahia.
Anna Corbella, première femme espagnole à participer à une course transatlantique en solitaire
La Catalane Anna Corbella a non seulement été la première femme espagnole à courir une Mini-Transat, mais aussi la mieux classée de tous ses compatriotes. Un succès qui ne doit pas faire oublier les nombreux incidents qu'elle a subis pendant la première étape. La première nuit de course, Anna perd un spi, se blesse au visage et casse un safran. Pourtant, elle prend les bonnes décisions tactiques et réussit à remonter jusqu'à la septième place, pour finir neuvième.
Sur la route de Bahia, Anna, tout comme Juan Carlos Sanchis, a su défendre sa position et arriver 17ème, se classant ainsi 13ème au général. Elle a su exploiter au mieux le potentiel de son bateau, son Ulisses, qu'elle connaît parfaitement et qui a été mieux préparé que les autres. Le 14 octobre, c'est elle qui a réalisé la meilleure vitesse moyenne sur 24 heures.
La grande réussite d’Anna marque un tournant dans l'histoire de la course au large espagnole et ouvre la porte aux nombreuses femmes passionnées de voile dans ce pays : “J'espère donner envie à beaucoup d'autres femmes de se lancer. La course au large ne connaît aucune distinction entre les sexes”, a déclaré Anna en arrivant au port.
Juan Carlos Sanchis et ses remontées spectaculaires
L'histoire de Juan Carlos Sanchis a bien alimenté les discussions depuis son incident au départ de La Rochelle. Un abordage avec un autre bateau l'avait contraint à rentrer au port pour réparer une voie d'eau. Son équipe à terre a pu effectuer la réparation en seulement cinq heures et Juan Carlos est alors reparti pied au plancher, pour arriver 15ème à Funchal.
Si la deuxième étape s'est montrée un peu plus calme pour le skipper d'Ibiza, elle lui a quand même réservé son lot de surprises : à la hauteur du Cap-Vert, des problèmes de bout-dehors le contraignent à ralentir pour éviter de casser l'espar. Il doit ensuite naviguer prudemment suite à la rupture de ses lattes de grand-voile. Malgré ces deux avaries, il a toujours réussi à rester dans la première moitié de la flotte.
Gerard Marín, une bonne progression
Malgré le peu de temps dont il a disposé pour s'entraîner et tester son nouveau prototype, Gerard Marín a donné le meilleur de lui-même sur les deux étapes, notamment sur la première où il a réussi à se classer 14ème au terme d'une régate remarquable.
Gerard aborde alors la deuxième étape avec de très bons espoirs : il occupe la deuxième place après avoir mené la flotte pendant plusieurs jours. Aux abords de l'archipel canarien il prend, avec Toni Weijl, Joel Miró et l'italien Andrea Caracci, une mauvaise option en passant à l'est de Grande Canarie ; elle les relègue tous les trois en bas du classement. Mais, dès la porte des alizés atteinte, Marín appuie sur l'accélérateur pour remonter et terminer 21ème de l'étape. Le 10 octobre, Gerard est le plus rapide de tous les concurrents sur 24 heures. C'est là qu'il effectue une belle remontée pour rejoindre le milieu de la flotte. Même lorsque ses chances de gagner s'évanouissent peu à peu, il ne cesse pas de se battre une seule seconde pour réduire les distances avec ses rivaux et améliorer son classement.
Toni Weijl, ou l'art de régler les problèmes
De tous les skippers de l'équipe, c'est Toni Weijl qui a subi le plus de problèmes techniques et d'avaries. Pendant la première étape, il casse ses deux safrans et son vit-de-mulet. Il doit rallier Funchal avec le safran de rechange monté sur bâbord, ce qui ne l'empêche pas d'arracher la 24ème place. Son escale aux Açores lui permet d'effectuer toutes les réparations nécessaires avant le départ de la deuxième étape, grâce à sa bonne formation technique.
L'étape Funchal-Bahia lui réserve aussi son lot de problèmes techniques : dès le départ, sa quille pendulaire se bloque dans un virement de bord. Toni est contraint de rentrer au port. Son équipe à terre constate que l'axe de quille s'est délogé dans une manoeuvre malencontreuse et le remet en place. Toni repart avec deux heures de retard mais le couteau entre les dents. En espérant gagner les alizés avant le reste de la flotte, Toni Weijl, Gerard Marín et Joel Miró optent pour un franchissement des îles Canaries entre Fuerteventura et Grande Canarie. Cette décision leur permet de préserver le matériel, mais ne porte pas ses fruits du point de vue tactique : ils rencontrent des vents plus faibles que les concurrents qui ont pris une option plus ouest. Avant le Cap-Vert, les problèmes continuent avec une bastaque cassée et l'enfoncement du roof sous le pied de mât par délamination. Malgré cette avarie, Toni parvient à rejoindre le milieu de la flotte et remonte au classement pour finir en 20ème position.
Hugo Ramón, objectif atteint
Le Majorquin Hugo Ramón a effectué une première étape très prometteuse en se classant 14ème après avoir été 10ème au passage du cap Finisterre. Les remontées spectaculaires d'Hugo pendant cette première étape ont fait de lui un rival de taille pour le reste des skippers de la catégorie Série.
Réputation qui s'est confirmée dans la deuxième étape : Hugo effectue une des plus belles remontées
de toute la flotte lorsqu'il passe de la 17ème à la deuxième place en seulement 24 heures. Sa décision de se placer à l'ouest de la flotte porte ses fruits et il réussit à revenir à quelques milles du leader Francisco Lobato. Malheureusement, cette excellente progression ne continue pas et un bord vers l'est l'éloigne de la tête de la flotte. Il est peu à peu distancé par les leaders jusqu'à finir en 15ème position. Malgré tout, cette étape a été très bonne pour Hugo, avec un résultat plus que satisfaisant qui ne surprendra personne. Malgré son jeune âge, le Majorquin vient de courir sa troisième Mini-Transat, ce qui fait de lui le navigateur espagnol de son âge le plus expérimenté en course au large.
Joel Miró, une progression de chaque instant
Pendant la première étape, Joel Miró a fait preuve de prudence au début pour limiter les risques de casse, mais un problème de pilote automatique l'a relégué à la fin du classement. Joel a peu à peu réussi à réduire la distance qui le séparait du leader pour arriver 26ème à Funchal. Il a notamment su négocier au mieux la dernière zone de vent faible avant l'arrivée en longeant la côte de Madère.
Le début de la deuxième étape s'annonçait plus prometteur pour le skipper catalan, mais il s'est joint au groupe qui a décidé d'aborder les Canaries par l'est. Malgré cette erreur tactique qui l'a relégué à la dernière place, il a su exploiter chaque rafale pour remonter progressivement et arriver 32ème à Salvador de Bahia.
Classements finaux :
Catégorie prototypes :
1. Ruyant, Thomas / Faber France (FRA). 24 jours, 23 heures, 38 minutes, 30 secondes. (7,12 noeuds de moyenne théorique).
2. Delesne, Bertrand / Entreprendre Durablement (FRA). 25 jours, 3 heures, 7 minutes, 4 secondes. (7,08 noeuds de moyenne théorique).
3. Schipman, Henri Paul / Maison de l’Avenir Urbatys (FRA). 25 jours, 5 heures, 26 minutes, 23 secondes. (7,06 noeuds de moyenne théorique)..
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13. Corbella, Anna / Gaes Solidaire 385 (ESP). 28 jours, 3 heures, 11 minutes, 40 secondes. (6,33 noeuds de moyenne théorique).
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15. Sanchis, Juan Carlos / Somni – Gaes Solidaire 403 (ESP). 28 jours, 16 heures, 2 minutes, 42 secondes. (6,21 noeuds de moyenne théorique).
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20. Marín, Gerard / Gaes Solidaire 727 (ESP). 29 jours, 0 heures, 2 minutes, 35 secondes. (6,14 noeuds de moyenne théorique).
21. Weijl, Toni / Gaes Solidaire 684 (ESP). 29 jours, 8 heures, 57 minutes, 50 secondes. (6,06 noeuds de moyenne théorique).
Sur 32 bateaux dans cette catégorie.
Catégorie série :
1. Lobato, Francisco / Roff Tmn (POR). 26 jours, 19 heures, 39 minutes, 18 secondes. (7,2 noeuds de moyenne théorique).
2. Dalin, Charlie / Cherche Sponsor- charliedalin.com (FRA). 27 jours, 7 heures, 28 minutes, 10 secondes. (6,52 noeuds de moyenne théorique).
3. Macaire, Xavier / Masoco Bay (FRA). 27 jours, 21 heures, 0 minutes, 14 secondes. (6,38 noeuds de moyenne théorique).
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12. Ramon, Hugo / Nassau – Gaes Solidaire 450 (ESP). 29 jours, 4 heures, 52 minutes, 2 secondes. (6,09 noeuds de moyenne théorique).
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32. Miró, Joel / Gaes Solidaire 677 (ESP). 30 jours, 16 heures, 1 minute, 30 secondes . (5,8 noeuds de moyenne théorique).
Sur 47 bateaux dans cette catégorie